Fondation · 1999
Panzi Foundation
L’hôpital et la fondation qu’il a fondés à Bukavu en 1999. Panzi soigne les survivantes de violences sexuelles selon un modèle en quatre volets — médical, psychologique, juridique et socio-économique — et forme aujourd’hui des équipes dans tout l’Est du Congo.
Il a ouvert Panzi en 1999 pour être une maternité. La première patiente admise n’était pas une parturiente : c’était une femme violée et mutilée par balle. Trente ans plus tard, l’hôpital est devenu ce que cette première nuit annonçait.
100 000+
Survivantes prises en charge
Depuis 1999. La page de la fondation consacrée au Dr Mukwege indique 91 000 — à confirmer auprès de Panzi.
SourceLes programmes
Soins médicaux
Chirurgie réparatrice et gynécologique pour les lésions causées par les violences sexuelles, et soins maternels.
Soutien psychosocial
Accompagnement psychologique et thérapie de groupe, parce qu’une blessure soignée n’est pas une vie reconstruite.
Assistance juridique
Accompagner les survivantes qui choisissent de porter plainte, et faire exister leur dossier devant un tribunal.
Réinsertion socio-économique
Formation, alphabétisation et activités génératrices de revenus, pour rentrer chez soi sans dépendre de qui que ce soit.
Panzi est né d’un échec annoncé. Denis Mukwege avait construit une maternité à Lemera, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu ; elle a été détruite pendant la première guerre du Congo et ses patientes tuées dans leurs lits. Il a recommencé à Bukavu, sous des tentes, sur un terrain marécageux du quartier de Panzi.
L’hôpital devait réduire la mortalité maternelle, qui reste l’une des plus élevées au monde. Il est devenu autre chose parce que les patientes qui arrivaient n’étaient pas celles qu’il attendait : des femmes blessées par des armes, délibérément, dans le cadre d’une stratégie de guerre. C’est ce constat, répété des milliers de fois, qui a fait de lui un témoin autant qu’un chirurgien.
Le modèle en quatre volets est la réponse à ce que Panzi a appris : réparer un corps sans traiter le traumatisme, sans dossier judiciaire et sans moyen de subsistance revient à renvoyer une femme exactement là où elle a été détruite. Les quatre volets sont indissociables, et c’est ce qui distingue Panzi d’un hôpital.
Aujourd’hui Panzi forme d’autres équipes, soutient des centres intégrés ailleurs dans l’Est du Congo, et abrite des programmes menés par les survivantes elles-mêmes — dont la Cité de la Joie et le réseau des survivantes.
panzifoundation.org